Le mot du président Publications - 7 Oct 2016

Redonner confiance, perspectives et visibilité

g_tuberyPour nombre d’entre nous, les moissons furent difficiles, venant amplifier dans de nombreuses régions des situations déjà fortement dégradées. De plus, au-delà des aléas climatiques, où que l’on regarde, nous constatons que notre environnement bouge, pas toujours dans le bon sens loin s’en faut, ce qui suscite beaucoup plus questions et interrogations que réponses et solutions.

A nous de remettre la politique agricole dans le bon sens. Cela nous oblige à repenser ce que doit être notre modèle agricole. La crise actuelle nous impose cet exercice. A côté des indispensables solutions d’urgence et de court terme, il convient donc, plus que jamais, de réfléchir à un vrai plan global pour l’agriculture valorisant des approches plus sectorielles. C’est dans cet esprit que nous avons présenté notre propre plan d’accompagnement, partie intégrante du plan de la FNSEA.

C’est aussi dans cet esprit que nous nous sommes battus pour obtenir une nette amélioration des aides versées à nos cultures dans le cadre du plan protéines. Nous avons obtenu gain de cause. Au-delà de l’aide immédiate dont nous avons réellement besoin, la finalité de cette démarche est bien de conforter des productions aujourd’hui fragiles comme les pois ou l’émergence de filières porteuses comme celle du soja. Dans l’un ou l’autre des cas, l’aide permet de maintenir ou d’impulser une dynamique économique qui a vocation à devenir mature et rentable. Le rôle des Pouvoirs publics est donc d’accompagner les acteurs en appuyant leur logique de production si, bien sûr, ils partagent notre conviction selon laquelle seule l’économie est créatrice de richesses.

Mais c’est d’abord et avant tout à nous, au sein de nos filières, de déterminer nos stratégies de conquête de marchés et de satisfaction de débouchés. Ces stratégies se traduisent ensuite en plans d’actions partagés entre les acteurs, dans le strict respect des missions de chacun.

Avec Avril, nous savons valoriser nos huiles et tourteaux tant dans le secteur végétal qu’animal mais aussi conforter nos marchés et nos débouchés tant en France qu’en Europe ou à l’international. Pour ce faire, nous nous appuyons sur une approche pragmatique de la réalité des enjeux. Avec Sofiprotéol, nous savons accompagner de vrais projets novateurs tant en matière de recherche et développement que de consolidation de la Ferme France.  Pour ce faire, nous investissons tant pour préparer l’avenir que pour en rester acteurs. Avec Terres Inovia, nous savons faire toujours plus de recherche appliquée, de « technique » pour être toujours plus performants.  Pour ce faire, nous faisons de l’obligation de garder de vraies capacités de production l’alpha et l’oméga de notre politique. Avec Terres Univia, nous savons accompagner l’émergence de nouvelles filières et de dispositifs permettant une juste répartition de la valeur ajoutée. Pour ce faire, nous voulons des partenariats gagnants-gagnants.

Si les prix sont aujourd’hui ce qu’ils sont en oléagineux, c’est peut-être aussi parce que nous avons une filière industrielle qui triture nos graines. Il s’agit là pour moi d’un acquis essentiel qu’il convient de conforter. Si les Pouvoirs publics sont capables d’actionner dans l’urgence différents leviers pour sauver Alstom, il serait aussi utile qu’ils veillent à le faire pour conforter des secteurs clefs de l’économie nationale. A eux d’agir à nos côtés pour nous redonner confiance, perspectives et visibilité. C’est cela qu’attendent les opérateurs économiques que nous sommes.

 

Gérard TUBERY

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