Conjoncture - marchés - 3 Déc 2015

Principaux facteurs influençant les coûts de production des huiles végétales au niveau mondial

Analyse réalisée à partir d’une étude de Oilseeds, Oils & Meals Analysis, 2015

Les couts de production d’une tonne d’huile végétale, sortie usine de trituration, ont été calculés par Oilseeds Oils & Meals Analysis, en moyenne de 2010 à 2014, pour la plupart des grands pays producteurs d’huile végétale.

Coût de production d’une tonne d’huile, moyenne 2012/2014
cout_prod_huile

Pour cela, plusieurs hypothèses ont été faites :

  • la matière première (graine ou palme) et la production d’huile ont lieu dans le même pays, et pour le triturateur la graine est à son cout de revient et non pas au prix d’achat sur le marché.
  • les co-produits et plus particulièrement les tourteaux sont comptabilisés à leurs prix sur les marchés locaux qui sont déduits des couts de production totaux

Cette approche, réalisée à la fois pour l’huile de soja (Amérique du Nord et du Sud), l’huile de colza (UE, Canda, Australie, Inde, Chine), l’huile de tournesol (Argentine, Ukraine) et l’huile de palme (Indonésie, Malaisie), permet de classer ces producteurs selon leur coût de production d’une tonne d’huile : de moins de 300 $/T à plus de 500 $/T

Quels sont les principaux facteurs pesant sur ce cout de de production ?

  • L’importance économique du co-produit
    Le revenu élevé apporté par le tourteau et qui vient diminuer d’autant le cout de l’huile est ce qui permet aux USA, au Brésil et à l’Argentine pour le soja, ainsi qu’à l’Australie pour le canola d’avoir des coûts de production en deçà de 300$/T (sur 2012/2014), mais lorsque les tourteaux sont moins chers, comme actuellement, c’est aussi ce qui les handicapent …
  • Le rendement en huile à l’hectare
    Avec des rendements de l’ordre de 3,5 à 4,2 T d’huile par hectare, les producteurs d’huile de palme, Indonésie et Malaisie, sont clairement avantagés par rapport aux soft seeds. A l’inverse, avec seulement 0,6 T/ha le soja est handicapé sur ce critère. Quant au colza, à 1,5 T huile/ha, il est intermédiaire entre palme et soja.rendement_huile
  • Les taux de change
    Les cotations de la plupart des commodités s’effectuent en USD. Mais depuis 2000 de nombreuses monnaies se sont dépréciées face au billet vert (Argentine, Ukraine, Russie …). En moyenne sur la période seuls l’euro, le dollar canadien et le ringgit malaisien se sont appréciés face au dollar US, et depuis 2014, tous les pays ciblés par cette étude ont vu leur monnaie se déprécier, parfois très fortement, face au dollar.
    Or ces variations de parité ont des impacts importants sur le prix de tous les intrants importés dont le cout réel augmente lorsque la monnaie locale s’affaiblie, ce qui peut conduire les agriculteurs à utiliser moins voire pas du tout certains intrants et en particulier les engrais.var_taux_change
  • Le cout des intrants
    Il existe bien une forte corrélation entre le prix des engrais et le prix du pétrole, comme le montre le graphe ci-dessous.prix_engrais
    Mais au moins depuis une quinzaine d’années on constate aussi une forte similitude entre les variations de prix des grandes commodités et les variation du coût des engrais nécessaires à leur production.rapport_prix_engrais
  • Le coût de l’énergie
    Le coût de l’énergie utilisée pèse lourd dans le cout de production des huiles. Les nations qui ont accès à une énergie moins chère que d’autres sont donc fortement avantagées. Ainsi depuis 2009 et le développement de la fracturation hydraulique aux USA, le prix du gaz naturel a fortement chuté par rapport au prix du brent, ce qui améliore fortement la compétitivité des huiles US.
  • Le coût du travail
    C’est un autre des postes qui pèse beaucoup sur le cout de production des huiles et en particulier des huiles lauriques : alors qu’en soja, colza et tournesol, le coût de la main d’œuvre représente 12 à 15% du cout de production, c’est environ 50% du cout total pour l’huile de palme et l’huile de coco où la récolte est peu mécanisable. Or dans les pays où est produite l’huile de palme, le cout du travail a beaucoup augmenté ces dernières années. Ainsi en Indonésie, le salaire minimum a augmenté d’environ 80% entre 2010 et 2015.
    Dans ces conditions, la compétitivité de l’huile de palme n’a pu être maintenue que grâce à la hausse de rendement permise par l’arrivée à maturité de jeunes palmeraies. Mais cette adaptation, conjoncturelle, ne pourra pas se reproduire indéfiniment.
  • Le coût du fret
    La récession de 2008 a mis en évidence l’existence d’une large sur-capacité de transport maritime de commodities. Il s’en est suivi un effondrement général du cout du fret. Le léger rebond de 2010 a progressivement été effacé et aujourd’hui le prix du fret est globalement à son point le plus bas.cout_fret
  • La diminution des couts de production observée, au niveau mondial, depuis 2 ans résulte principalement du moindre coût des engrais et de l’énergie. Les USA en particulier ont vu leur compétitivité augmenter grâce à l’accès à une énergie peu chère et au renchérissement du dollar. Mais d’autres facteurs pourraient se révéler primordiaux si les prix bas actuels des graines conduisent les agriculteurs à restreindre leurs utilisations d’engrais et donc à diminuer leur productivité ou si le cout du travail continue à augmenter fortement en Asie
neque. fringilla sed dictum Lorem dolor. odio ut id, leo