Publications - 17 Juil 2016

FOP EXPRESS N°53

g_tuberyEntre guerre et paix

Alors que les moissons ont débuté, les interrogations sont nombreuses sur le terrain. Nous n’avons jamais autant eu le sentiment d’être abandonnés par les Pouvoirs publics, voire de n’être qu’une variable d’ajustement à la merci de stratégies politiques qui vont crescendo du fait des échéances de l’an prochain.

Rien ne nous est épargné. A la logique vertueuse que nous préconisons répond une logique politicienne qui nous affaiblit. L’approche de l’agriculture qu’ont bon nombre de responsables politiques est viciée. Ils ne considèrent plus l’agriculture comme une activité économique mais bien comme un faire-valoir des autres politiques qui, elles, sont à même de créer de la richesse. Il est donc logique pour eux que l’agriculture s’inscrive dans cette logique politicienne très souvent habillée de vert.

Je réfute cette approche. Pour moi, l’agriculture s’inscrit dans une vraie logique économique, dans une vraie logique de création de richesses, d’attractivités et de solidarités humaines. J’affirme en effet que l’agriculture est la seule activité au monde capable d’apporter des réponses à tous les enjeux et défis : au-delà des enjeux climatiques, énergétiques, environnementaux, territoriaux, sociaux, etc, c’est en effet la seule activité à être capable de nourrir les hommes. Or, l’indépendance alimentaire est bien la condition sine qua non à tout développement et, sans développement, il ne peut y avoir qu’explosion de conflits. Et bien, entre guerre et paix, j’ai choisi !

J’ai choisi et c’est pour cela que je plaide pour un vrai plan protéines en France. Demain, en France et dans le monde, nous aurons besoin de toujours plus de protéines végétales tant pour l’alimentation humaine qu’animale. Toutes les études le démontrent, tout comme elles démontrent combien nos productions oléagineuses et protéagineuses sont porteuses de solutions et indispensables dans bien des zones, dont les zones intermédiaires qui souffrent fortement depuis de longues années. Alors pourquoi les Pouvoirs publics refusent-ils d’abonder de façon significative le plan protéines et d’affecter des budgets, finalement non utilisés, à des projets sans intérêt pour les agriculteurs ?

J’ai choisi et c’est pour cela que je plaide aussi pour de vraies logiques de filières. Cette logique permet de fédérer tous les acteurs autour d’objectifs communs et d’ambitions partagées. Ce n’est qu’ensemble – producteurs, organismes stockeurs, industriels – que nous pourrons gagner. Il est fini le temps de « grand papa » où l’un pouvait gagner l’un sans l’autre ou l’un sur le dos de l’autre. La question est maintenant de définir des stratégies interprofessionnelles de conquête de marchés, de débouchés, de recherche et d’innovation.

J’ai choisi et c’est pour cela que je plaide enfin pour le renforcement de logiques communautaires et une vraie politique agricole commune. Il faut un sursaut notable suite au Brexit. L’agriculture a constitué le ciment de la construction européenne, restant longtemps la seule vraie politique intégrée. Aujourd’hui, elle a toute sa place dans la relance du projet européen. Il convient donc d’en définir un nouveau qui ne peut être celui « d’avant » car rien ne peut plus être comme avant. Ce projet doit apporter de vraies réponses aux légitimes attentes des producteurs qui savent qu’ils doivent s’adapter à une nouvelle donne mais qui attendent, au-delà de mesures accessibles, de la considération et de la reconnaissance. Nous sommes prêts à relever le challenge. Aux Pouvoirs publics maintenant d’assumer aussi leurs responsabilités.

Gérard TUBERY


1. Pois d’hiver : attaque de bactériose d’ampleur inédite

Les conditions climatiques atypiques des derniers mois ont des répercussions importantes sur certaines productions et en particulier sur les cultures de pois d’hiver. Dans de nombreuses régions, et plus particulièrement au Nord de la France, les pois semés avant l’hiver sont atteints de bactériose à Pseudomonas Syringae dont la voie de contamination principale est la semence. En conditions normales, cette bactérie n’entraine pas de dégâts mais avec le gel de l’hiver dernier suivi de conditions très humides, cette contamination a pu entrainer jusqu’au dépérissement des plantes ce qui, dans certains secteurs, a conduit au retournement de nombreuses parcelles. Face à cette situation qui n’avait jamais été observée en France, Terres Inovia a décidé de travailler plus particulièrement sur les races de Pseudomonas Syringae identifiées, d’explorer le lien entre le taux de semences contaminées et la présence de la bactérie et d’évaluer le niveau de résistance des variétés dans le contexte de l’année. Un plan d’actions commun avec les acteurs de la semence sera défini.

Au-delà de ce problème immédiat, qui affecte durement certaines exploitations et qu’il faut bien entendu comprendre pour mieux savoir le contrer, la FOP tient cependant à rappeler qu’il s’agit d’une situation exceptionnelle, que nous n’avions jamais connue et qui vraisemblablement ne devrait pas se reproduire prochainement. Le pois d’hiver est une culture prometteuse et en expansion. En 2014, 18% des pois protéagineux étaient du pois d’hiver (soit 25 000 ha) contre seulement 8% dix ans auparavant Les variétés récentes de pois d’hiver combinent résistance au froid, bonne tenue de tige et rendement élevé. Grace à une floraison plus précoce que celle des pois de printemps, les pois d’hiver subissent moins de pertes par manque d’eau ou fortes chaleurs. Ce sont en outre d’excellentes têtes d’assolement ne nécessitant que peu de fongicides et d’insecticides et, comme tous les pois, aucun engrais azoté.

Notons que face à la gravité de la situation et, de façon plus générale, au développement des maladies conséquences de l’excès d’eau et des inondations normalement exclues des garanties proposées dans les contrats d’assurance multirisques climatiques, Groupama a annoncé que l’aggravation des pertes du fait de problèmes sanitaires consécutifs aux phénomènes climatiques avérés (excès d’eau et inondations) sera prise en charge par le contrat d’assurance dès lors que la culture a été conduite normalement.

Précisons également qu’au-delà des zones soumises aux procédures « catastrophe naturelle », la non conduite de la culture jusqu’à son terme a des conséquences sur les aides couplées. Ainsi, le bénéfice des aides aux protéagineux est lié à la conduite de la culture jusqu’au stade « maturité laiteuse ». Pour ne pas s’exposer à des pénalités en cas de contrôle sur place (qui peut être fait par télédétection) il est conseillé de modifier sa déclaration afin d’enlever les surfaces potentiellement retournées de la demande d’aide couplée. L’utilisation des protéagineux au titre des SIE n’impose pas la conduite jusqu’au stade maturité laiteuse mais nécessite d’être en mesure de prouver l’existence de la culture. La FOP est intervenue auprès des pouvoirs publics afin de faire prendre en compte cette situation rarissime mais les règles concernant les paiements couplés ne permettent pas une dérogation à ce motif.

 

2. Paiements couplés protéines végétales : échéances et position de la FOP

La FOP, si elle se félicite de l’existence d’un régime paiements couplés pour les protéines végétales, regrette certaines de ses modalités de mise en œuvre. Alors que les montants définitifs des paiements couplés au titre de l’année 2015 ne sont pas encore connus, même si la fongibilité permettra un accroissement substantiel des enveloppes à destination des protéagineux (un peu moins de 200 €/ha), de la luzerne déshydratée (150 €/ha) mais également du soja avec une enveloppe de 9 millions d’euros qui sera répartie à raison de 100 €/ha pour les premiers hectares de chaque exploitation, la FOP a du se prononcer sur le régime 2017 et années suivantes.

En effet, les modalités négociées jusqu’à présent pour ce régime ne sont pas à même d’accompagner le plan protéines végétales national et ne donnent pas un signal stable à la production alors que la France reste importatrice nette de protéines végétales. Soulignons à cette occasion qu’il conviendra également de rester attentif à la production de protéines issue d’oléagineux.

Au regard du volet protéines végétales des paiements couplés, les modalités de répartition de l’enveloppe entre cultures et autonomie fourragère conduisent à une sous-utilisation de l’enveloppe des 2%. Cette situation est d’autant plus dommageable que cette enveloppe est financée par prélèvement sur l’ensemble des producteurs, dans un contexte difficile pour l’ensemble de l’agriculture française. Ce fonctionnement s’appuyant sur la fongibilité, s’il permet une certaine optimisation, conduit cependant à une incertitude quant aux soutiens tant pour les protéagineux que pour le soja ou la luzerne déshydratée résultant de l’utilisation de leur enveloppe initiale et d’une fongibilité qui reste somme toute limitée au regard des choix faits par l’Etat (plafonds d’enveloppes par type d’aide).

Aussi, la FOP rappelle sa proposition initiale d’une répartition plus équilibrée (protéagineux, soja, luzerne déshydratée / légumineuses fourragères) à 50-50 du soutien entre les différentes enveloppes d’aides couplées au sein des 2% protéines végétales, donnant une plus grande visibilité aux producteurs alors que la production de protéagineux notamment est menacée pour des raisons de rentabilité et de pression sanitaire très forte.

La FOP est favorable à la simplicité de mise en œuvre des régimes de soutien couplés. Aussi, elle soutient la suppression des critères agronomiques tout en demandant le maintien des règles actuelles d’accès (Les protéagineux éligibles sont le pois (excepté le petit pois), la féverole (mais pas la fève) et le lupin ; ainsi que les semences de ces protéagineux (y compris les semences de petits pois)) pour autant qu’elle ne conduise à l’introduction de perturbations sur les marchés.

De même, des modalités simplifiées de mise en œuvre ne doivent pas conduire à des soutiens dénués de réalité économique au titre des légumineuses fourragères (on ne peut pas seulement diviser l’enveloppe par la surface quelle que soit cette dernière). Un plafond de soutien unitaire à l’hectare reste logique dans ce cas.

Pour ce qui concerne le soutien au soja, la FOP constate et dénonce l’étroitesse du cadre conduisant à la limitation du soutien unitaire apporté et des surfaces pouvant être soutenues alors que dans les années 90 notamment, la production a pu concerner 150 000 ha (1,5 fois les surfaces 2015). Elle prend cependant acte de l’effet de la fongibilité au titre de 2015. Au regard des limitations actuelles, la FOP rappelle son souhait d’un soutien proratisé. Si le seuil de 100 €/ha doit être maintenu, s’appliquant de fait en 2015 à 90 000 ha (enveloppe de 9 millions en raison de la fongibilité en 2015 qui ne sera pas reconduite en 2016), il doit concerner un pourcentage identique de surfaces chez tous les producteurs. Il n’y a pas de raisons de pénaliser ceux qui investissent en faveur du développement des filières. La FOP n’a pas été jusqu’à présent entendue sur ce point. A cet égard, il n’est pas possible aujourd’hui de différencier au niveau du producteur la destination a priori de sa production (alimentation humaine ou alimentation animale) aussi la FOP s’oppose-t-elle à une telle ségrégation à l’avenir. Enfin, si la contractualisation parait un chemin d’avenir, la FOP rappelle que dans le cadre de la production de soja, cette dernière devrait concerner un grand nombre d’intervenants : producteurs, collecteurs, triturateurs, transformateurs finaux et ne paraît pas de ce fait une solution simple de mise en œuvre au regard des régimes de contrôles notamment.

 

3. Etude FOP : comparaison des coûts de production du colza entre zones intermédiaires et zones non intermédiaires

 L’observatoire CER France – Terres Univia analysé par la FOP, fournit depuis une trentaine d’année à la FOP des données pour certains départements pour le tournesol, le pois et le colza. Ces données sont basées sur des comptabilités analytiques. Suivant les années, le nombre d’exploitations suivies ou les départements recensés peuvent être différents. A titre d’exemple, en 2015, les données pour le colza ont été remontées pour 2770 exploitations produisant et du blé et du colza, réparties sur 13 départements (02 ; 10 ; 14 ; 27 ; 37 ; 55 ; 62 ; 76 ; 79 ; 80 ; 85 ; 86 ; 89).

Sur cette base, la FOP a réalisé une étude afin de comparer les résultats des zones intermédiaires (ZI) telles que définies par le Ministère, à ceux des zones non intermédiaires (ZNI). Un certain nombre d’éléments de comparaison significatifs ont pu ainsi être formalisés et des enseignements ont pu également en être tirés.

Il a notamment été relevé :

  • Si l’on compare la structure des exploitations des ZI et des ZNI, on observe que celles des ZI sont plus grandes que celles des ZNI, avec une surface dédiée au colza également plus conséquente. En effet, les exploitations de l’observatoire ont une surface moyenne de 184 Ha en ZI et 167 Ha en ZNI soit une différence de 9% en faveur des ZI. De la même manière le ratio colza/SAU est de l’ordre de 18% en ZI (33 Ha) pour seulement 12% en ZNI (20 Ha).
  • L’écart de prix moyen constaté entre ZI et ZNI sur la période 2004-2014 n’est pas significatif
  • Si en ZI, les rendements en colza semblent diminuer ou au moins stagner, en ZNI ils continuent à croître sur les dix dernières années.
  • Les ZNI touchent davantage d’aides à l’hectare (en moyenne depuis 2006, 68€/ha en plus car leurs références historiques liées au rendement sont plus élevées).
  • En ce qui concerne les charges variables, on note pour le colza, la situation suivante : alors qu’avant 2008, en général les charges étaient un peu plus élevées en ZNI, à partir de 2009, la situation s’inverse, avec des écarts qui parfois se creusent très fortement. En 2013, on atteint par exemple 50€/ha de charges supplémentaires en ZI, ce qui va accentuer la différence de revenu d’ores et déjà liée à un produit brut moins élevé en ZI.
  • Si l’on compare la marge nette réelle, il apparaît que, globalement depuis 2008, l’écart se creuse entre ZI et ZNI, en défaveur des ZI où les marges nettes réelles en colza sont systématiquement inférieures à celles des ZNI.
  • L’analyse de l’écart de compétitivité blé-colza entre ZI et ZNI fait clairement apparaître une donnée importante : la compétitivité du blé par rapport au colza n’est pas supérieure en ZI qu’en ZNI et la compétitivité du colza face au blé ne recule pas plus en ZI qu’en ZNI (sur la base de l’analyse de l’écart de marge nette réelle entre blé et colza en ZI et ZNI)

Pour plus d’informations ou précisions sur cette étude, n’hésitez-pas à contacter les services de la FOP à l’adresse suivante : fop@fopoleopro.com

 

4. Une nouvelle fiche Féverole : les bonnes pratiques de traitement en floraison pour protéger les abeilles

La fiche féverole, suspendue l’année passée suite à des contestations, a été réintroduite avec des recommandations de traitements adaptées pour la protection des abeilles tout en assurant la protection des cultures en zones de production destinées à un débouché en alimentation humaine.

Rappelons que la féverole est une culture productrice de nectar et de pollen, constituants de l’alimentation des abeilles et autres pollinisateurs sauvages. Ces insectes sont donc présents dans les champs, principalement en période de floraison. Il convient d’en tenir compte dans le cadre de l’itinéraire technique de la culture, et plus particulièrement en ce qui concerne les traitements insecticides ou acaricides.

Rappelons également que la mention abeilles pour un produit insecticide et un usage donné n’exclut pas un impact sur les pollinisateurs. Elle permet simplement que ce produit soit utilisé sur la culture concernée, à condition que l’utilisateur se soit assuré de l’absence de pollinisateurs dans la parcelle.
Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger la fiche féverole en cliquant sur ce lien

http://www.fopoleopro.com/wp-content/uploads/2016/05/Fiche_abeille_Feveroles.pdf

 

5. Projet de Loi biodiversité : point de situation dans un feuilleton législatif sans fin !

Le projet de loi biodiversité a été examiné en 3ème lecture au Sénat depuis le 6 juillet 2016, d’abord en commission Développement durable, et les 12 et 13 juillet en séance publique.

Cette 3ème lecture au Sénat sera suivie d’une 4ème et dernière lecture, par l’Assemblée nationale le 19 juillet 2016. Lors de cette dernière lecture, les députés pourront, article par article, soit accepter la version issue du Sénat, soit conserver la version adoptée par l’Assemblée nationale, en 3ème lecture.

Dans la nuit du 22 au 23 juin, les députés ont discuté les amendements relatifs aux néonicotinoïdes et aux Variétés Tolérantes aux Herbicides (VTH).
Par 36 voix pour et 31 voix contre, les députés ont voté en faveur de l’interdiction générale au 1er septembre 2018, avec dérogations possibles jusqu’au 1er juillet 2020. Ces dérogations seraient prises par arrêté conjoint des ministres de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé sur la base de l’expertise de l’ANSES, qui fera un bilan risque/bénéfice de l’impact sur l’environnement, les pollinisateurs, la santé publique et l’activité agricole. Cette rédaction du texte a conduit dans le même temps à supprimer l’interdiction des VTH.

Notons qu’à l’issue de la 3ème lecture, les Sénateurs ont repris la procédure qu’ils avaient imaginée en 2ème lecture à savoir : faire établir un bilan par l’ANSES d’ici décembre 2016 et interdire à partir du 1er juillet 2018 les produits pour lesquels il y aurait des solutions de substitution plus favorables. Ils ont en outre intégré une interdiction de manière définitive de tous les néonicotinoïdes à partir du 1er juillet 2020.

 

6. Le Glyphosate renouvelé pour 18 mois

Suite à une procédure longue et complexe, la Commission européenne a finalement adopté – faute de décision en comité permanent (SCOPAFF) – une décision prolongeant l’autorisation de mise sur le marché du glyphosate pour 18 mois.

Rappelons qu’en comité d’experts en appel, la France avait voté contre la prolongation de 18 mois du glyphosate. Le délai de 18 mois a pour objectif de reporter le vote sur le renouvellement d’autorisation du glyphosate à fin 2017, soit après la publication du rapport de l’ECHA (Agence européenne des substances chimiques) sur la classification de la substance. Sur base de ce nouvel avis scientifique, les Etats membres devraient donc de nouveau être invités à se prononcer sur le renouvellement d’autorisation de la substance.

La FOP se félicite que la Commission ait pris ses responsabilités alors que depuis des mois, les Etats membres n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le renouvellement. Si la pression écologique et médiatique devrait se poursuivre dans les prochains mois, la FOP reste mobilisée et vigilante, en espérant que les Etats membres trouveront enfin une issue favorable au renouvellement définitif du glyphosate. Ce produit est indispensable pour les agriculteurs français.

 

7. Bilan assurance récolte 2015

Le CNGRA a communiqué un bilan de l’assurance récolte en 2015 qui montre que globalement les hectares assurés ont reculé de 12% par rapport à 2014 et que les indemnités ont été de 173 mn€ soit 5% de moins qu’en 2014. C’est toujours en grandes cultures que le taux de diffusion est le plus élevé, mais ce taux recule, passant de 31% en 2014 à moins de 27% en 2015, ce qui traduit le désintérêt de certains producteurs de grandes cultures pour cet outil d’assurance.

En moyenne, le capital assuré tait de 1098 €/ha d’oléagineux et 982 €/ha de protéagineux, pour une prime subventionnable de, respectivement, 45 et 40 €/ha, dont 16 et 14 €/ha sont restés à la charge de l’exploitant.

 

€/ha

Capitaux assurés Taux cotisation Prime totale /ha Dont partie subventionable

 

Dont non subventionable
Subvention A la charge de l’exploitant à la charge de l’exploitant
Oléagineux 1098 7.39% 81 29 16 36
Protéagineux 982 6.01% 59 26 14 19
Céréales 1335 2.8% 37 16 8 13
Ttes cultures 1630 4.19% 68 26 14 28

Le ratio sinistre/prime est variable selon les productions et les années, s’améliorant en oléagineux en 2015 à 34% mais se dégradant fortement en protéagineux (119%).

Ratio sinistre/prime 2011 2012 2013 2014 2015 Moy.

2011/2015

Oléagineux 58% 46% 123% 39% 34% 60%
Protéagineux 322% 114% 146% 16% 119% 143%
Céréales 134% 99% 136% 66% 97% 106%
Ttes cultures 109% 90% 128% 64% 62% 91%

Rappelons que ce dispositif d’assurance récolte a été remplacé par le dispositif d’assurance socle, en place pour les récoltes 2016, mais dont nous n’avons pas encore d’écho à ce jour.

 

8. Du côté de la filière

  • Sébastien Windsor, nouveau Président de Terres Inovia et Antoine Henrion, nouveau Président de Terres Univia

Terres Inovia, l’institut technique des producteurs d’oléagineux, de protéagineux, de chanvre et de leurs filières, a annoncé l’élection de son nouveau président Sébastien WINDSOR. Sa prise de fonction est effective depuis le 13 juin 2016. Agriculteur près de Rouen, Sébastien Windsor est Président de la Chambre d’agriculture de Seine-Maritime. Fortement investit dans la filière des oléoprotéagineux, il est Vice-Président de la FOP depuis 2016 après en avoir été le Secrétaire. Engagé pour la promotion de la R&D et l’innovation des filières, il est aussi Président de l’école d’ingénieurs réunissant Lasalle Beauvais et Esitpa ainsi que Président de l’Irqua (Insitut régionale de la qualité agroalimentaire de Normandie).

Terres Univia, l’interprofession des huiles et protéines végétales a annoncé l’élection de son nouveau Président Antoine HENRION. Sa prise de fonction est effective depuis le 21 juin 2016. Agriculteur à Secourt, Antoine Henrion est Président de la Chambre d’agriculture de Moselle. Très investi pour le développement de la filière des oléoprotéagineux et pour la promotion de produits de qualité, Antoine HENRION devient administrateur de diverses structures, notamment la FOP dont il est désormais Vice-Président, de l’Organisation Nationale Interprofessionnelle des Graines et Fruits Oléagineux (ONIDOL) en 1999 et de l’Union Nationale Interprofessionnelle des Plantes Riches en Protéines (UNIP) en 2011. Il devient président de l’UNIP en 2012. En 2015, il rejoint aussi SOFIPROTEOL et l’Institut Technique des producteurs d’oléagineux, de protéagineux, de chanvre et de leurs filières (Terres Inovia) dont il devient vice-président en 2016.

La FOP, clef de voute de la filière oléoprotéagineuse, salue ces deux élections ; elle qui cherche toujours à conforter et pérenniser l’acte de production en lien très étroit avec l’institut technique Terres Inovia et les actions de recherche et développement impulsées par l’interprofession Terres Univia.

  • Lancement officiel de la Démarche DURALIM

Duralim, première plateforme collaborative française de l’alimentation durable des animaux d’élevage, a été lancée le 7 juin 2016 au Conseil économique social et environnemental, à Paris.

Cette journée marquait le point de départ de cette initiative innovante basée sur la contribution individuelle de chaque signataire à un objectif collectif, partagé et matérialisé par la charte Duralim. La finalité de la démarche est de répondre aux attentes sociétales en matière de durabilité de l’alimentation des animaux d’élevage et de conforter la confiance dans notre agriculture.

A l’issue des débats, de nombreux acteurs ont manifesté leur engagement lors d’une séance officielle de signature. Ils ont appelé les entreprises et les organisations professionnelles qui se reconnaissent dans les principes de Duralim à les rejoindre et à s’engager.

Chacun à son niveau pourra désormais contribuer à faire vivre cette démarche de confiance entre tous les acteurs mobilisés et la société civile en partageant ses réalisations, ses engagements et ses propositions.

Duralim est aussi une démarche de communication sur les atouts et les progrès réalisés par les acteurs engagés. Pour y contribuer, Duralim se dotera également d’un centre de ressources sur la durabilité des aliments pour les animaux d’élevage.

La démarche sera pilotée collectivement sur la base du dialogue et du consensus. C’est cette méthode qui a permis de construire les fondations de Duralim.

Les nombreux témoignages ont déjà mis en valeur l’importance de l’équilibre des 3 piliers du développement durable, les initiatives individuelles existantes et les démarches de progrès engagés par les différents maillons de la filière.

Premiers signataires : AGPB, AGPM, AGRIAL, ALIMENTS MERCIER, ARRIVÉ, ARRIVÉ-BELLANNÉ, Groupe AVRIL, CAM, CAP SEINE, CARREFOUR, CAVAC, COOP DE FRANCE, FNA, FNPL, GAIC-Le Père François, GARUN PAYSANNE, LORIAL, McDONALD’S, NEALIA, NOVIAL, SANDERS, SNIA, SOAL, SOLEVIAL, TERRENA, TERRES UNIVIA, TRISKALIA

  • Naissance d’Evertree, un nouvel acteur international de la Chimie du renouvelable

Le groupe Avril, le fonds d’investissement SPI « Société de projets industriels », opéré par Bpifrance, et la start-up Biopolymer Technologies créent Evertree, joint-venture dédiée au développement, à la fabrication et la commercialisation de nouvelles voies de valorisation des protéines végétales.

La montée en puissance de cette co-entreprise innovante dans la chimie renouvelable permettra une production en 2017, à travers un pilote industriel installé à Compiègne, avant la création d’une usine de plus grand volume en France en exploitation dès 2018. Cette usine a vocation à monter progressivement en charge, pour atteindre à horizon 2020 une capacité de production de 50 000 tonnes par an, avec la création de 110 emplois directs à terme.

A travers cette joint-venture, les trois partenaires entendent favoriser le développement de nouvelles voies de valorisation des protéines végétales, répondant ainsi aux besoins des industriels et à l’évolution des attentes des consommateurs, notamment en termes de réduction voire de suppression des COV – composés organiques volatils, comme le formaldéhyde, présents dans de nombreux produits courants – résines, colles, peintures ou encore certains matériaux. En effet, les COV, peuvent avoir des impacts sur la santé (irritations, diminution de la capacité respiratoire, nuisances olfactives ; certains COV sont également considérés comme cancérogènes) et sur l’environnement (facteur précurseur dans la formation de l’ozone, l’émission de gaz à effet de serre, la formation de particules secondaires).

Dans ce contexte, Evertree commercialisera une première application industrielle prometteuse. Mise au point par la start-up Biopolymer Technologies et développée par la suite en partenariat avec Sofiprotéol, société de développement et de financement du groupe Avril, elle porte sur la fabrication d’un additif pour résine, à base de colza broyé, très recherché dans l’industrie des panneaux de bois composite.

Cet additif s’adresse aux clients industriels de la filière : il permet d’utiliser moins de résine pour une performance équivalente, de substituer aux résines actuelles des résines moins toxiques, et d’optimiser leur diffusion, engendrant ainsi un gain de productivité significatif.

Par ailleurs, ce nouveau débouché pour la filière agro-industrielle ne nécessite pas de faire appel à des volumes importants de tourteaux de colza – 50 000 tonnes au niveau mondial, tout en conférant à la protéine de colza une forte valeur ajoutée.

Les technologies mises au point et produites par Evertree offrent aux filières industrielles et aux consommateurs finaux des bénéfices tant écologiques et sanitaires que technologiques et économiques. Leurs performances sont identiques et souvent supérieures à celles des composés pétrosourcés actuellement en usage.

 

9.Bilan des réunions FOP

  • Des réunions tripartites (au niveau national, dans la région Grand Est…) – Producteurs (FDSEA/FRSEA)/OS/Saipol – se sont tenus sur la question du point d’huile, comme l’avait souhaité le Conseil d’administration de la FOP. Si les OS participants ont pu fait part de leurs craintes sur ce qu’ils considèrent comme un pari sur l’avenir, rien ne garantissant que le marché à terme prenne en compte la nouvelle référence (42), chacun reconnait l’intérêt de ces réunions ouvertes et transparentes permettant de partager des informations précises et d’échanger librement sur un sujet qui préoccupe l’ensemble des parties prenantes de la filière.
  • La FOP a participé à l’IOPD (dialogue international des producteurs d’oléagineux) à Berlin, du 19 au 22 juin dernier avec des représentants de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, du Canada, de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Australie. Les débats ont été rythmés autour de différentes présentations thématiques (analyse des marchés oléagineux, position du gouvernement allemand sur le TTIP, position des semenciers allemands sur les OGM et leur étiquetage faisant suite à l’initiative nord-américaine sur les seuils de faible présence d’évènements OGM non encore reconnus, politique internationale allemande de coopération …) mais également de présentation des situations dans chacun des pays représentés. Les débats entre délégations ont ensuite essentiellement porté sur les moyens de production (néonicotinoïdes, glyphosate, etc.) ; questions d’actualité chez nous en Europe mais également de plus en plus présentes chez nos partenaires, et notamment aux Etats-Unis.
  • La FOP est intervenue dans le cadre de plusieurs réunions organisées par les FDSEA/FRSEA (AG, Conseil d’administration, Sections grandes cultures, Commission economie…) : Nord Bassin Parisien, Bretagne, Yonne, Eure et Loire, Grand Est… afin de présenter la filière, le groupe Avril et ses orientations stratégiques ainsi que des sujets d’actualité concernant les facteurs de production (Ecophyto, néonicotinoïdes…).ou la sécurisation des débouchés (situation du Biodiesel UE et France) ou bien encore l’enjeu protéines.

 

10. Fichier de producteurs – Point de situation

N’hésitez-pas à contacter le service relations terrain de la FOP, Thibaut Ledermann (t.ledermann@fopoleopro.com) pour venir expliquer le dispositif dans vos départements ou régions ou pour avoir des explications.

 fich

en jaune- dispositif opérationnel

en vert -dispositif présenté

 

11. Agenda

  • Mardi 6 septembre : Bureau FOP
  • Mercredi 14 septembre : Conseil d’administration FOP
  • AG FOP 2017 – le 8 février 2017 à Orléans en matinée (année élective – renouvellement du conseil d’administration), dans le cadre du Sommet du Végétal des 8 et 9 février 2017.

 

 

 

 

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