Protection de nos cultures - 21 Oct 2015

Lancement du plan ecophyto II

Suite au Grenelle de l’environnement, le ministre de l’Agriculture avait lancé le plan Ecophyto, qui visait à réduire de 50% l’usage des produits phytosanitaires avant 2018 « si possible ».

Ce plan répond à une exigence de la directive européenne 2009/128 sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, compatible avec le développement durable.

Selon le ministre de l’Agriculture, le bilan du plan est en demi-teinte puisqu’il y a certes eu des résultats positifs au travers du réseau DEPHY et de l’augmentation des surfaces en agriculture biologique, mais de l’autre côté, on a constaté une augmentation de l’ordre de 5% de l’utilisation des produits phytosanitaires entre la période 2009-2010-2011 et la période 2011-2012-2013.

Missionné en mai 2014 par le Premier ministre, Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle, a remis fin décembre 2014 son rapport d’évaluation et de révision du plan Ecophyto, dans lequel il faisait 68 recommandations qui ont servi de base à la rédaction d’une nouvelle version du plan Ecophyto II.

Du 8 au 29 juin 2015, le projet de plan Ecophyto a été soumis à consultation publique. En amont et durant toute la phase de consultation, la profession agricole n’a cessé de se mobiliser pour essayer d’en changer les objectifs et de les rendre cohérents avec la réalité que vivent les agriculteurs sur le terrain.

Le plan Ecophyto a finalement été officiellement présenté par le Ministre Stéphane Le Foll, le 26 octobre dernier. Vous pouvez le télécharger en cliquant sur le lien suivant : http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/151022_ecophyto.pdf.

La FOP ne peut que regretter l’annonce de ce plan dans un contexte aussi difficile, alors même qu’une pause dans la transposition des normes a été annoncée début septembre, et qu’une nouvelle méthode de travail est en cours de construction.

Certes, la FOP souligne que dans sa partie introductive, le plan Ecophyto II, reprend des préoccupations portées par la profession, à savoir le rappel des enjeux économiques et notamment la compétitivité et la distorsion de concurrence ou encore le recours à un panier d’indicateurs intégrant notamment des indicateurs de risque et d’impact. Mais elle estime que ces considérations ne sont pas réellement intégrées dans le plan.

En effet, les objectifs fixés restent inatteignables :

–         25% en 2020 par la généralisation et l’optimisation des techniques actuelles,

–         50% en 2025 grâce à des mutations profondes des systèmes de production et des filières.

 

On retrouve également le dispositif phare du plan – les Certificats d’Economie de Produits Phytopharmaceutiques (CEPP) – auquel la FOP s’est opposé depuis le début, et dont l’unité de compte sera l’indicateur de suivi, celui là-même qui doit être défini avant la fin de l’année ! Par ailleurs, l’objectif pour les CEPP devra être cohérent avec les objectifs de diminution définis par le plan. Qu’est-ce que cela signifie ? 20% ? 25% ? 50% ?

Concernant le Certiphyto, le renouvellement ne se fera pas tous les 10 ans comme le demandait la profession, mais tous les 5 ans…

La liste est longue… et le signal envoyé à la profession agricole, dans un contexte de crise, n’est pas des plus encourageants. La FOP sera vigilante à ce que ce ne soient pas les agriculteurs qui soient encore une fois victimes de ce nouveau plan.

Si vous souhaitez davantage d’informations sur le plan, n’hésitez-pas à nous contacter directement.

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